… de Brasilia à Cooperative Design, histoire d’une cristolienne : ‘j’ai su très tôt que je ne saurais jamais ce que je voulais faire ou plutôt que je ferai tout pour faire tout ce que je voudrais’.

orange design vous donne des ailes

Orange vous donne des ailes. Ci-dessus, l’identité visuelle de l’édition 2014, du 3è concours international de design d’Orange.

Certains me demandent parfois quel est mon lien avec Cooperative Design. La réponse est simple : je l’ai cofondé avec le chercheur et théoricien de la couleur Frédéric Rossi-Liegibel. C’est lui qui l’anime exclusivement et avec brio aujourd’hui. Ici je partage quelques extraits choisis d’un document, sorte de lettre manifeste adressée en son temps (2009) à une personnalité politique à qui j’expliquais mon ‘moteur’. Ce texte n’a pas vieillit et je le trouve assez à propos à un moment où je fais des choix et des rencontres qui confirment une certaine pensée. C’est aussi l’occasion, en amont du jury Orange Design, de revenir sur ma passion pour le design. Dans les premiers paragraphes j’en explique l’origine, qui en fait débute avec une rencontre avec l’urbanisme. De Brasilia à Cooperative Design, pas de hasard, histoire d’une cristolienne. Extraits :

ADN : Brasilia, Brésil, 1956. Du béton, du ciment, de la masse, du volume. De la terre est sortie l’habitat, l’équipement social, l’accueil scolaire, l’outil politique, l’appareil culturel. La cité, la vie de la cité a pris forme avec (et non pas contrainte, à côté ou contre) le béton. Qu’est ce que le béton, le gris si ce n’est la matière du concret. De ce qui nait (ou meurt) et permet l’assise d’une structure, le jeu de la ‘polis’ (gr. donnée spatiale, un site qui noue de manière insécable une ville à son territoire et un écosystème). Rencontre de deux projets l’un politique et économique (cf.Juscelino Kubitschek, Président), l’autre d’une architecture urbaniste sociale portée par Oscar Niemeyer, Lucio Costa et Roberto Burle Marx.

Le jour où j’ai demandé à mon père ce que signifiait le mot urbanisme il m’a renvoyé comme à l’habitude de mes parents vers l’encyclopédie Universalis (le ‘Google meets Wikipedia’ de l’ère pré-internet). Après quelques errements et recherches associées j’ai découvert Brasilia par Niemeyer mais aussi les ‘Choux de Créteil’ de l’architecte Gérard Grandval dans le Larrousse.

Créteil, IDF, ‘eighties and nineties’. Les cristoliens n’habitent pas à proprement parlé une ville nouvelle. Pour autant, le plan d’urbanisme de la ville, ambitieux et innovant, propose aux habitants une vision, une réflexion sur le sens de la ‘cité’ qui va au delà des interrogations oh combien essentielles du type ‘qu’elle école pour mes enfants ?’. Un élément qui ne trompe pas : les enseignants du primaire et collège n’hésitent pas à intégrer à leurs cours des données municipales sur l évolution de la ville. La ville est un terrain de jeux qui se meut, évolue au gré des saisons. Ici le dernier champ du territoire communal. Demain un nouveau gymnase, une nouvelle identité visuelle pour la Maison des Arts (les branchés disent MAC), un nouveau lien urbain vers un nouveau quartier, comment faire parcourir le territoire par les habitants limitrophes en élevant les contributions fiscales d’entreprises nouvellement attirées et d’employés CSP+ susceptibles de ‘nourrir’ le commerce local (de proximité ou de zone commerciale). Echecs et réussites. Essais et innovation. Transversalité. Observation. Apprentissage passif. Entrain actif.

Premiers symptômes : Souvent ballottée de réunions d’informations sur l’urbanisme en vernissages artistiques, d’un colloque sur les politiques de santé à ‘l’université libre’ de la Cité des Sciences à un ballet de Bill T Jones à la MAC (Maison des Arts de Créteil), de voyage pilote à Manchester (analyse du système d’action sociale), etc. j’ai tôt et tantôt naviguée au gré de problématiques de société, suivant les activités passions de mes parents. Une mère infirmière psychiatrique exerçant dans une unité pilote et un père carrossier à la ville, et photographe ‘aux champs’, enfermé le soir et le week-end dans son laboratoire de développement, sis au domicile familial. ‘Droguée’ très jeune aux essences Ilford et nourrie très tôt à l’image, aux mots, j’ai su très tôt que je ne saurais jamais ce que je voulais faire ou plutôt que je ferai tout pour faire tout ce que je voudrais. Soit je ne choisirais jamais entre les chiffres et les lettres, entre écrire ou conseiller, entre entreprendre ou enseigner. Un seul moteur : apprendre et transmettre. Ne jamais s’enfermer. Se donner les moyens (‘the sky is the limit’). Champs d’application et moyens : communication, medias, architecture (puis mobilier et objet ce qui m’amène à dire que le design n’est qu’une question d’échelle), tourisme (j’ai tellement aimée ma ville que je l’ai quittée à tout prix et suis allée voir le monde), finance et économie (comprendre la ‘géo’ – économie et connaître la carte mondiale de la finance m’a toujours animée, comme Mafalda).

Soit, richesse ou handicap ? Bagage professionnel ou désordre créatif ? Je répond les deux et ni l’un ni l’autre. Cela dépend des jours, du contexte et de l’interlocuteur.

A l’épreuve de l’entreprise : la ‘cantatrice chauve’ (Ionesco) : D’un job étudiant, je transforme une expérience jusqu’à devenir membre du comité de direction d’une filiale du Club Méditerranée. Au quotidien je veille sur 4M€ (pour une littéraire, la vingtaine, … c’est beaucoup, rires) et une équipe de 6 personnes, et plusieurs fois par semaine je prends la Direction Générale en intérim et plus de 200 personnes le ‘CoDir’ inclus me reportent. Je redécouvre aussi le Nord de Paris, vaste chantier à ciel ouvert et m’y plais. Après un beau parcours en entreprise et des responsabilités auxquelles mon éducation, mais pas mon cursus, m’avait préparé, me voici rattrapée par certaines choses de la vie. (…)

Certains challenges relèvent du comique de l’absurde et plus si vous avez la mauvaise idée d’être innovant, en avance, original et/ou d’avoir quelques attributs hors sentiers battus.

Bilan : L’environnement immédiat (familial) et indirect (ville, scolaire) joue un rôle définitif et riche sur la personnalité de chacun ; cette dernière sera enrichie, complétée plus tard. Je ne crois pas en la prédétermination (géo/sociale). La transmission et l’accompagnement, l’accès rapide à l’information clé est le facteur de réussite pour des projets viables, pré sélectionnés selon des critères rigoureux. C’est mon histoire qui petitement mais dans le cadre d’un grand projet, me pousse à m’investir dans Cooperative Design, projet qui allie ‘polis’, transversalité, économie, création, vision locale et stratégie globale. 

/AFV (2009, révisé 2014)

cooperativedesign.com

Orange vous donne des ailes, Concours International de Design 

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