Chef Julie Basset : “La pression: je me la fais subir à moi-même, comme un défi personnel. “

julie basset

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Un peu la Daphnée Burki des fourneaux, celle qui arbore ses armes graphiques (signées Erbery) aussi haut que ses concoctions maison et son sens du rôle de chef bien à elle, s’est entretenue avec Business Madame sur ses choix. Avec une vraie conscience de ses responsabilités, elle parle de son nouveau métier sans jamais le résumer à la cuisine : le service et la cuisine. A propos de son projet, elle déclare : J’avais envie de travailler autrement, de laisser une plus grande place à ma créativité et de retrouver une relation privilégiée avec mes clients. C’est le Chef qui vient à vous pour vous proposer une prestation sur mesure’. Cuisine et service vont de paire et avant de penser à se ‘caser’ et se trouver une adresse où servir ses plats elle se dépense sans compter à la recherche de saveurs, formes, couleur, qualité, avec fun, avec ‘bioty’. Chef Julie Basset est une punk, une surfeuse qui va chercher la vague et délivre le meilleur à ses clients en mode traiteur à domicile, officiant aussi pour de grands noms tels : H&M, Louis Vuitton, L’Epicerie Générale, l’Institut Paul Bocuse, France O, … Rencontre avec l’entrepreneur et Chef Julie Basset.

Business Madame : Quel est votre parcours avant la création de votre activité de chef indépendante?

Julie Basset : Je me suis lancée en indépendante il y a un an et demi, en janvier 2013. J’ai quitté les fourneaux en tant qu’employée de restaurant (mon dernier poste: sous-chef dans un bistrot à forte affluence), j’ai pris une pause, j’ai réfléchi à un départ à l’étranger pour exercer ma profession loin, découvrir de nouvelles cultures et lifestyle qui m’attiraient comme en Asie du Sud-Est voire au Canada (rien à voir!) et puis, des évènements personnels ont fait que je suis restée à Paris et que j’ai trouvé la motivation de créer mon propre concept, toute seule. A la base, j’ai étudié les arts plastiques, l’histoire de l’art puis la communication visuelle et les industries graphiques. J’ai commencé à travailler en tant que graphiste & photographe et en parallèle, j’avais déjà un pied dans la restauration pour arrondir mes fins de mois. Le service & la cuisine ont pris le dessus.

BM : Quelle est la différence entre exercer en ‘libérale’ versus au sein d’un restaurant ?

JB : Haha! Les différences sont assez flagrantes et j’avoue que j’aurai du mal à me faire réembaucher dans un établissement. Pour commencer, je suis moins ‘sous pression’. Avant je pouvais travailler jusqu’à 70 heures par semaine dans une cuisine avec toute l’agitation et les responsabilités que cela comporte, il m’est même arrivé de dormir dans les vestiaires pour gagner deux heures de sommeil. Le travail d’équipe me plaisait mais il faut dire ce qui est: à présent je suis tranquille! Mon statut me laisse une grande liberté d’emploi du temps et de créativité. Je fais mes choix, mes budgets, mes commandes et me dirige naturellement vers une clientèle qui m’est adaptée. Et je gagne mieux ma vie maintenant. Même si j’ai des semaines chargées, la pression: je me la fais subir à moi-même, comme un défi personnel. Ah oui! Je change de décors en permanence et ce n’est pas négligeable!

BM : La prochaine étape consiste à ouvrir votre lieu, à vous ‘caser’ ou au contraire y a t il un art de vivre, art de travailler en toute mobilité et indépendance … bref est ce une fin en soi que d’ouvrir son établissement ?

JB : J’ouvrirai forcément un lieu qui me ressemble un jour, j’ai déjà beaucoup d’idées. Mais dans un futur proche, je pense que je veux rester assez flexible et grandir encore, mettre en place de nouvelles collaborations puis voyager.

BM : Quelles sont les principales contraintes de votre job ?

JB : Les contraintes … ?! c’est que je fais tout de A à Z! Répondre aux clients par téléphone et mails, créer en permanence de nouvelles recettes au fil des saisons et des demandes particulières des clients, rédiger des devis & factures, passer mes commandes, faire mon marché quotidiennement etc… Il faut avoir une certaine rigueur. J’ai des assistants et des livreurs quand c’est nécessaire. Dans quelques temps, je constituerai une équipe solide pour me soulager un peu et … travailler encore plus!

BM : Qu’est-ce ou qui vous inspire (amis, art, films, confrères, influences technos, …)?

JB : J’ère dans une sphère artistique. Je sors beaucoup & la quasi totalité de mes potes exercent des professions en freelance dans le milieu de la musique, danse, photographie, cinéma. Alors en premier, je peux dire que le son m’inspire beaucoup et que la photographie influe énormément mes créations culinaires. Les voyages ou mes ‘voyages’ dans les quartiers populaires me nourrissent chaque jour.

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BM : Si la chef Julie Basset était un lieu ?

JB : Une grande maison à la ferme avec un immense jardin, potager, arbres fruitiers où je produirais mes propres produits bio et dans laquelle je recevrai en permanence.

BM : une musique?

JB : La voix.

BM : un vêtement?

JB : Un bandana !

BM : … une odeur?

JB : La fleur d’oranger huuum ou le gingembre …

BM : …un film?

JB : La série Hannibal pour la photographie et les banquets exceptionnels de Dr. Lecter haha! Pour le fruit? Un ananas for sure !

Contactez Julie directement via son site : http://www.chefjuliebasset.com

Photos Yann Kesz / Julie Basset – Graphic design by Erbery

About businessmadame

founder of Business Madame ... since 2007

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